Jeudi 18 juin 2026, la 15ème promotion RISE a été accueillie en marge du salon Viva Technology, pour une matinée de travail et d'échange clôturée par un déjeuner d'accueil.
Ce sont 12 projets porteurs d'innovations de ruptures issus des laboratoires du CNRS qui ont été sélectionnés .
Le programme RISE accompagne les projets de start-up innovantes de l’idée à la structuration, jusqu’à la création de sociétés et aux premières phases de financement.
Durant cette rencontre, les porteurs de projet ont participé à un atelier sur la construction du « business model canva » accompagnés de mentors RISE, puis ont pu pitcher leurs projets devant une audience d’investisseurs avec lesquels ils ont ensuite échangé lors d’un cocktail déjeunatoire.
Retour sur les projets :
Brain-C-Therapeutics
Le projet Brain-C Therapeutics, porté par Christian Neri, directeur de recherche INSERM dans l’unité CNRS UMR 8265 Neuro-SU de l’Institut de Biologie Paris Seine à Sorbonne Université, vise la création d’une société de biotechnologie dédiée à la mise au point de traitements innovants pour les maladies neurodégénératives comme la maladie de Huntington. Située à l’intersection des recherches en neurosciences et des recherches sur le vieillissement, l’approche innovante du projet repose sur une plateforme qui intègre des méthodes de pointe en biologie des systèmes, en biologie cellulaire et en thérapeutique. Il s’agit de développer des traitements de réjuvénation et de restauration fonctionnelle des neurones qui sont principalement affectés par ces maladies, dans l’optique d’une intervention précoce sur des mécanismes au cœur de ces maladies et pouvant bénéficier à tous les patients.
StAIbility
Le projet StAIbility, porté par Rodolphe Simonot son futur CEO et par une équipe associant expertises CNRS en modélisation moléculaire (Matthieu Chavent, LMGM – UMR5100), en intelligence artificielle (Pierre Poulain, LBT – UPR9080) et savoir-faire industriel, développe une solution in silico dédiée à la découverte de médicaments ciblant les protéines membranaires, en particulier les GPCR. Ces cibles thérapeutiques majeures restent difficiles à modéliser car leur comportement dépend de leur dynamique et de leur environnement lipidique. En combinant simulations moléculaires gros grains, fouille de données et IA prédictive, StAIbility ambitionne d’aider les biotechs, CRO et groupes pharmaceutiques à identifier plus rapidement les composés les plus prometteurs, à réduire les faux positifs et à accélérer les étapes amont de la découverte préclinique.
Oxyvidia
Le projet Oxyvidia est porté par Noélie Davezac, professeur à l’Université de Toulouse (laboratoire RESTORE, UMR 1301 INSERM, 5070-CNRS, EFS, UT), Corentin Coustham, actuellement post-doctorant au laboratoire et Joël Bordeneuve-Guibé, enseignant-chercheur à l’ISAE-SUPAERO. Dans le processus d’identification des candidats-médicaments, sur 10 000 molécules sélectionnées, environ 250 passent en phase pré-clinique et seulement une dizaine en développement clinique. Afin de réduire cette durée s’étalant généralement de 5 à 10 ans, Oxyvidia propose un jumeau numérique du métabolisme oxydatif cellulaire quantifiant la production de radicaux oxygénés mitochondriaux et les défenses antioxydantes de la cellule. Les simulations issues de ce jumeau numérique permettront la réduction du nombre d’expériences en laboratoire dans les phases d’identification de molécules et de développement pré-clinique. Ces résultats orienteront et optimiseront les protocoles à réaliser pour l’avancée de ces phases critiques pour l’industrie pharmaceutique.
JUSEM
Le projet JUSEM (Jumeaux Sémantiques), porté par Bing Li, chercheur en sciences cognitives et développeur logiciel, et Tatjana A. Nazir, directrice de recherche CNRS en sciences cognitives au SCALab (UMR 9193 – Université de Lille / CNRS), développe un outil de cartographie perceptive destiné aux équipes marketing, design et innovation. À partir d’associations spontanées produites par des utilisateurs face à un produit, une marque ou un concept, JUSEM construit des « jumeaux sémantiques », c’est-à-dire des représentations calculées de ce que ces objets évoquent dans l’esprit des consommateurs. Cette approche, fondée sur des données humaines fraîches, vise à sécuriser les décisions de lancement, de redesign ou de repositionnement en identifiant, en amont, les écarts entre l’intention stratégique d’une entreprise et la perception réelle de ses publics. Le projet a bénéficié d’un soutien en prématuration CNRS.
EXORA
EXORA est une startup deeptech qui transforme la chaleur fatale industrielle en froid, sans compression mécanique. Sa technologie repose sur l’adsorption, un procédé thermochimique exploitant les propriétés exceptionnelles des MOFs (Metal-Organic Frameworks) : ces matériaux poreux captent et libèrent les molécules d’eau de façon cyclique pour produire du froid à partir d’une simple source de chaleur, en consommant jusqu’à 90 % moins d’électricité que les systèmes conventionnels. Une technologie de rupture ancrée dans la chimie des matériaux avancés, au service de la décarbonation de l’industrie et des datacenters.
SKEION
SKEION est un projet de start-up deeptech issu des travaux de Tahar AMARI, directeur de recherche CNRS en astrophysique au Centre de physique théorique de l’École polytechnique (CPHT – UMR 7644), et de son équipe sur la modélisation du champ magnétique solaire, les mécanismes éruptifs et la propagation du vent solaire. Porté aux côtés du chercheur par l’entrepreneur Sofiane AMARI, le projet vise à transformer ces modèles scientifiques avancés en outils opérationnels d’alerte et d’aide à la décision face au risque spatial. Grâce à ces approches de simulation multi-échelles et de maillage adaptatif, SKEION ambitionne de surveiller l’activité du Soleil, depuis sa surface jusqu’au voisinage de la Terre, afin de produire des alertes actionnables, intégrables par API dans les systèmes des acteurs exposés. Ces outils s’adressent en priorité aux opérateurs de constellations satellitaires, aux acteurs de l’énergie, de la défense, des télécommunications et aux institutions concernées par la météorologie spatiale. Dans un contexte de dépendance croissante aux infrastructures spatiales, numériques et énergétiques, SKEION entend contribuer à renforcer la souveraineté, la résilience et la capacité d’anticipation des acteurs critiques.
TETRACAPS
TétraCaps est un projet de start up qui développe une technologie innovante dans le domaine de la délivrance de médicaments. Les nanocapsules lipidiques se sont imposées ces dernières années comme vecteur universel pour de nouvelles solutions thérapeutiques, comme lors du développement des vaccins à ARNm. Néanmoins, le déploiement de ces nanotechnologies se heurte encore à des problèmes de production et de stabilité des formulations ainsi que d’inefficacité pour des applications médicales comme la voie orale. Pour répondre à cette problématique de robustesse, nous avons développé une nouvelle génération de capsules lipidiques pour la délivrance de vaccins et de médicaments. Ces capsules reposent sur un composé naturel, original et facile d’accès qui stabilise les capsules. L’objectif du projet est de fournir une bibliothèque de composés aux industriels de la santé humaine et animale pour des applications sur mesure. Ce projet est porté par Capucine Jourdain de Muizon (post-doctorante) et Thierry Benvegnu (Professeur des Universités), dans le laboratoire de recherche CORINT de l’ENSCR rattaché à l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes.
Art-Therapeutics (PARADyes)
Le projet Art-Therapeutics (PARADyes) est porté par Arnaud Tessier, chercheur au laboratoire CEISAM (UMR CNRS 6230 / Nantes Université). Dans un contexte d’antibiorésistance et d’amélioration des traitements aux maladies infectieuses, une part importante de l’innovation en biologie et en santé repose sur le repositionnement et l’optimisation de petites molécules. Le concept de prodrogue développée vise à améliorer la biodisponibilité et la délivrance des molécules associées, tout en réduisant leur toxicité. Ce nouveau type de médicament est conçu pour améliorer les traitements existants, pour améliorer le parcours de soin et sauver des vies. En partenariat avec le laboratoire IICIMED (Nantes Université), cette innovation thérapeutique a conduit à un premier candidat-médicament pour traiter efficacement les patients atteints d’infections fongiques invasives. A travers la création d’une start-up, l’objectif est d’accompagner les dernières phases précliniques avancées, de démarrer un premier développement clinique et d’étendre ce concept au traitement d’autres pathologies infectieuses.
DeeeMines
DeeeMines est portée par Kristell Riou-Nivert (CEO, Mines Paris–PSL) et Morvan Gaudin (CTO, docteur de Chimie ParisTech), épaulés par les chercheurs de l’Institut de Recherche de Chimie Paris (IRCP, UMR 8247 – CNRS / Chimie ParisTech–PSL) Grégory Lefèvre, Frédéric Rousseau et Vincent Semetey. Le projet développe un procédé breveté pour recycler les plastiques ignifugés, issus notamment des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), et en récupérer l’antimoine, une matière première critique importée à 100 % en Europe. Dans ces plastiques, l’antimoine renforce l’action des retardateurs de flamme bromés. Faute de filière adaptée, ces déchets sont aujourd’hui incinérés ou enfouis : jusqu’à un tiers de la consommation européenne d’antimoine, soit de l’ordre de 13 000 tonnes par an, est perdu. Le procédé de DeeeMines, peu énergivore et reposant sur des solvants verts, sépare sélectivement les composés antimoniés et bromés sans altérer le plastique, transformant un déchet dangereux en trois ressources valorisables : l’antimoine, un plastique dépollué redevenu recyclable et les molécules bromées.
GR3ENAR
GR3ENAR est une startup fondée par Alice Mija, Professeure à l’Institut de Chimie de Nice (UMR7272 CNRS – Université Côte d’Azur). GRE3NAR développe des résines époxydes biosourcées à haute performance reposant sur une architecture chimique innovante, en rupture avec les résines conventionnelles à base de bisphenol A. Issus de ressources naturelles renouvelables, ces matériaux sont conçus pour être recyclables, réparables et reprocessables sans perte de propriétés. L’innovation lève un verrou majeur en conciliant durabilité, circularité et performances mécaniques élevées. Compatible avec les procédés industriels existants, elle répond aux attentes fortes des industries de l’aéronautique et du spatial.
AnotherWorld Bioscience
Le projet AnotherWorld Bioscience, porté par Victor Kreis (CEO, docteur en microbiologie), Stéphane Lemaire (CTO, directeur de recherche CNRS) et Pierre Crozet (CSO, maître de conférences à Sorbonne Université), développe une plateforme qui transforme directement le CO2 et la lumière en bioplastiques, grâce à des microalgues issues de l’UAR 2037 Biofonderie ADN et Microbes. AnotherWorld Bioscience apporte une solution de production low cost par photosynthèse pour des bioplastiques dont les propriétés mécaniques sont équivalentes à celles des plastiques pétrosourcés comme le polypropylène, et qui se dégradent intégralement dans les sols et les océans sans microplastiques. Ces bioplastiques visent en priorité les usages où la biodégradabilité et l’absence de micro plastiques sont décisives, comme les emballages alimentaires et les films agricoles, mais également des applications à plus forte valeur dans le médical et la cosmétique. Soutenu par Sorbonne Université et CNRS Innovation, le projet optimise aujourd’hui ses souches avant la montée en échelle puis l’industrialisation.
YEMOY
Le projet YEMOY, porté par Thierry Meynard, Directeur de Recherche CNRS (laboratoire LAPLACE, Toulouse) et Jean-Lionel Laccourreye, entrepreneur (ingénieur ENSEEIHT, Executive MBA ESSEC), vise la commercialisation d’une nouvelle génération de convertisseurs DC/DC, à travers la technologie brevetée TLPPC (TransformerLess Partial Power Converter). L’approche innovante du projet repose sur un principe de conversion partielle de puissance, permettant de stabiliser des sources de tension continue (batteries, photovoltaïque, électrolyseurs) en ne traitant qu’une fraction de l’énergie transitée, ce qui réduit fortement l’encombrement et les pertes des convertisseurs. Cette technologie, transférée par Toulouse Tech Transfer et héritière de plusieurs innovations antérieures de Thierry Meynard s’adresse en priorité aux nouvelles architectures d’alimentation 800V des datacenters IA, un marché en forte croissance porté par l’explosion des besoins énergétiques de l’IA. Lauréate France 2030, YEMOY ambitionne de devenir la solution souveraine européenne de référence sur ce segment, avec un produit aux avantages compétitifs exceptionnels : deux fois plus compact, deux fois moins de pertes, empreinte carbone réduite de moitié par rapport aux solutions existantes et coût de fabrication très inférieur à la concurrence.
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