Programme PISE 2027 du CNRS
Annonce du programme
PISE est le programme de valorisation dédié aux Projets à Impacts Sociétaux et Environnementaux du CNRS.
1. Objectif
Le CNRS mobilise divers leviers (collaborations, création d’entreprise, partenariat avec des fonds d’investissement, concession de licences, formation professionnelle, …) pour valoriser les résultats de la recherche en lien avec les acteurs socio-économiques.
Cependant, les projets à fort impact sociétal ou environnemental, non pris en charge par les mécanismes de marché traditionnels, restent insuffisamment accompagnés.
A travers cet appel à manifestation d’intérêt, le CNRS vise à valoriser les résultats de recherche qui peuvent avoir un impact positif significatif pour la société et/ou l’environnement, alors même qu’ils ne s’inscrivent pas dans une logique marchande traditionnelle et ne présentent pas de retour sur investissement classiquement prévisible ou identifiable.
Le présent appel à manifestation d’intérêt ciblant les Projets à Impacts Sociétaux et Environnementaux (AMI « PISE ») vise à combler ce manque dans la chaîne de la valorisation du CNRS.
Il opère en 3 temps :
- Définir la valeur d’impact (sélection) ;
- Coconstruire la viabilité des projets sélectionnés, en contribuant notamment à diminuer les risques (technologique, adhésion sociale etc.) ;
- Définir et mettre en œuvre des scénarii de diffusion.
Avec cet AMI, le CNRS souhaite renforcer son rôle en tant qu’acteur de la recherche fondamentale au service de la société, en construisant un cadre de valorisation des résultats de recherche, pour :
- Renforcer l’identité du CNRS comme acteur de « la recherche fondamentale au service de la société », c’est-à-dire un CNRS promoteur et porteur d’innovations pour et avec la société ;
- Construire un cadre pour les projets à impact sociétal et/ou environnemental et ainsi considérer les projets PISE comme créateurs de valeur au même titre que les projets à impacts socio-économiques conventionnels ;
- Aligner et coordonner l’ensemble des acteurs internes et externes, publics et privés ;
- Conduire une politique d’innovation favorisant les investissements « sociétaux/environnementaux » s’appuyant sur des relais de soutien et de financement, avec le cas échéant, un calcul spécifique de « retour sur investissement ».
Le rôle d’opérateur de ce programme est confié à CNRS Innovation (CI).
2. Critères d’éligibilité
- Le projet relève de la thématique 2027 « penser les crises » décrite ci-dessous dans la section définition du sujet.
- Seuls les personnels statutaires (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs…) relevant d’une unité de recherche dont le CNRS assure une tutelle (UMR, UAR, …) sont éligibles.
- Le caractère innovant du projet et l’implication des parties prenantes à la résolution du besoin sociétal/environnemental sont cruciaux. La pluridisciplinarité et la complémentarité des membres du projet doivent permettre de répondre à des besoins non couverts du marché ou de la société par rapport à une ou plusieurs applications clairement identifiées. Le jury analysera l’excellence et la complémentarité de l’équipe et des parties prenantes la pertinence du plan de travail et d’actions proposé ; et le réalisme des coûts estimés.
- Il convient de noter que les projets contractuellement engagés dans un transfert industriel, en cours de négociation ou bien portés par une start-up, sont exclus[1].
[1] Voir votre délégation Régionale
3. Sélection
Calendrier prévisionnel 2026-2027 :
- Ouverture de l’AMI : 18 juillet 2026
- Clôture des dépôts : 11 octobre 2026 minuit.
- Vérification de l’éligibilité par les instituts : 11 octobre au 6 novembre 2026.
- Présélection : 1 février 2027.
- Comité de sélection : semaine du 22 au 26 mars 2027.
A noter : pour postuler au programme PISE, un dossier de candidature et une lettre de cadrage seront mis à disposition sur le site courant août 2026.
Avant de soumettre votre dossier, nous vous recommandons de vérifier dès à présent votre éligibilité auprès de votre institut.
4. Financement
Le montant de l’aide et sa répartition par type de dépense seront formalisés dans l’annexe financière qui sera révisée à l’issue de la validation du projet en tenant compte des commentaires du CS et du budget final affecté au programme PISE par le CNRS.
Le montant maximum de l’aide octroyée est de 150 à 180 k€ HT révisable selon le nombre de lauréats (cette aide ne rentre pas dans le champ d’application de la TVA). Le budget total du projet peut être supérieur en fonction des besoins ; les porteurs et les accompagnateurs feront leurs meilleurs efforts pour identifier d’autres sources de financement et réduire les coûts pendant le projet. Il est possible de financer les RH (pas de doctorant) et le fonctionnement /petit équipement non amortissable.
Pour rappel il ne pourra être appliqué aucun frais de gestion sur cette aide par aucune tutelle et les frais de protection (brevet, logiciel) sont pris en charge par la tutelle gestionnaire ; il est donc inutile de les prévoir.
La durée de ces projets ne pourra excéder trente-six (36) mois.
Définition du sujet « Penser les crises » – PISE 2027
Les crises climatiques (inondations, canicules, tempêtes,… ), sanitaires, industrielles (accidents chimiques, pollutions), énergétiques, numériques (attaque, usage des données, IA, …), territoriales (risques majeurs, dégradation de l’environnement ou du bâti…) ou sociales affectent directement les individus, les dynamiques sociales, les espaces habités, les « services essentiels », l’agriculture et l’alimentation, l’économie, les formes urbaines, les infrastructures, l’environnement, la biodiversité (jusqu’à extinction d’espèces) et la qualité de vie.
Le dérèglement climatique, les conflits, les crises qui en découlent engendreront une croissance du nombre de nouvelles crises dans les années à venir. Or gérer une crise implique une grande diversité d’acteurs aux rôles, actions, cultures, modalités différentes et dans des modalités dégradées. Qui plus est, ces acteurs interviennent dans des échelles de temps différentes. On rappelle également que les crises qui nous impactent ne se déroulent pas forcément sur notre territoire et que les impacts ne nous atteignent pas tous au même moment.
Ainsi, penser les crises, anticiper, planifier, former, construire, organiser, prioriser, communiquer, légiférer … permettent de réduire les vulnérabilités et de soutenir la résilience collective pour faire face à moindre coût.
Il convient donc dans une démarche systémique, inter- / trans-disciplinaire, territorialisée et incluant les parties prenantes :
- D’anticiper : identification des risques et faiblesses des organisations, des personnes ou des territoires ; outils de prospective, simulation, modélisation ou scénarisation ; renforcement de la culture du risque chez toutes les parties prenantes (habitants, institutions et décideurs), mise à jour des outils.
- De sensibiliser et former : création ou amélioration d’espaces de dialogue, pédagogie ; partage d’expériences, d’outils de médiation et d’appropriation ; développement de la culture du risque dans toutes les couches de la société.
- De faire face : mobilisation ; déploiement des forces et moyens ; soutien aux victimes ; réponse immédiate et dans la durée.
- De comprendre : décrypter les crises, leurs impacts, leurs dynamiques ; produire des analyses croisées (sociales, techniques, environnementales, territoriales…) ; identifier les vulnérabilités, la culture (ou son absence) du risque et les capacités d’adaptation ; documenter les manques et besoins.
- D’expérimenter : évaluer l’efficacité de dispositifs existants ; proposer et tester des démarches, des actions, des outils innovants de diagnostic, d’accompagnement, d’adaptation et de résilience individuelles et collectives.
L’AMI couvre toutes les formes de crises. Les projets peuvent porter sur l’une ou plusieurs des catégories suivantes :
- Analyse et compréhension des crises : diagnostics territoriaux post-crise, études des impacts sociaux, sanitaires, environnementaux, … ; analyses des vulnérabilités territoriales ; enquêtes participatives auprès des parties prenantes.
- Anticipation et prospective : scénarios face aux crises climatiques ; simulations d’accident industriel ou de pandémie ; exercices participatifs d’anticipation et de coordination ; prise en compte des connaissances des populations, nouveaux mécanismes assurantiels, systèmes d’alerte,
- Médiation, sensibilisation, formation et participation : ateliers citoyens, maquettes, outils pédagogiques, actions auprès des jeunes, familles, élus, professionnels ; démarches participatives sur la résilience du territoire ; compréhension des représentations du risque selon les territoires et les acteurs,
- Expérimentation et innovation : prototypes d’accompagnement social, éducatif, sanitaire, territorial, … ; dispositifs de prévention, résilience, atténuation ; tests de jeux sérieux ou simulateurs.
- Capitalisation et diffusion : guides pratiques, référentiels, méthodes, retours d’expérience, production de ressources pédagogiques, juridiques.
- Coûts d’une crise et économies d’anticipation : comment évaluer les couts globaux (industrie, paupérisation, perte de biodiversité, infrastructures,) ; comment les réduire en anticipant et comment évaluer les gains liés à la préparation et la prévention ; proposer des modèles de solidarité d’action et d’investissement.