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Startup Santé

ExAdEx-Innov : Une biotechnologie novatrice pour l’étude de la graisse humaine

Publié le 22 mars 2024|par Laura Pluot

Conserver de la graisse humaine au plus près de son état d’origine en culture est une difficulté en soi. Grâce à sa technologie, c’est le défi que relève ExAdEx-Innov. Cette start-up niçoise exploite sa biotechnologie pour élaborer des modèles de recherche originaux sur le tissu adipeux humain, notamment pour la recherche de thérapies s'inscrivant dans la lutte contre l'obésité, qui touche actuellement 13% des adultes dans le monde selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). ExAdEx-Innov a également signé en février 2024 une licence d’exploitation avec CNRS Innovation pour renforcer sa plateforme d’études centrée sur le tissu adipeux avec des modèles de recherche complémentaires de cellules souches.

L’aventure ExAdEx-Innov commence par une collaboration entre l’Institut de Biologie Valrose (CNRS/Inserm/Université Côte d’Azur) et le CHU de Nice. « Tout part d’une problématique très pratique qui était qu’on ne peut pas maintenir en culture de la graisse humaine dans son état natif et suffisamment longtemps pour l’étudier ou en explorer les capacités thérapeutiques. Pouvoir maintenir de la véritable graisse issue de donneurs, tel était l’objectif de leur collaboration » explique Luigi Formicola, co-fondateur de la start-up.  Deux brevets ont été déposés et le projet de création d’entreprise a alors émergé lorsque les chercheurs ont envisagé des applications industrielles potentielles, notamment dans le domaine de la santé et de la dermo-cosmétique. C’est ainsi qu’avec le soutien du programme Rise du CNRS en 2021 et d’un ensemble d’acteurs du territoire (Incubateur Provence Côte d’Azur, SATT Sud-Est, IdEx Université Côte d’Azur), la start-up a vu le jour un an plus tard, en août 2022.

Un socle technologique unique pour de multiples applications

La technologie d’ExAdEx-Innov offre une avancée significative en permettant le maintien en culture de tissu adipeux humain, issu de donneurs, pendant plusieurs semaines et tout en préservant sa structure 3D native, sa fonctionnalité et sa vascularisation. Elle permet deux applications majeures.

D’une part, elle permet la création de modèles de recherche de véritable graisse humaine, utilisables par diverses industries telles que la dermo-cosmétique, nutraceutique ou encore pharmaceutique pour étudier différents mécanismes d’actions de molécules et actifs.

« Avec notre technologie, nous pouvons reproduire in vitro des conditions d’obésité et maladies métaboliques chroniques qui sont représentées d’une manière imparfaite par les modèles cellulaires ou animaux existants, et ainsi permettre aux entreprises pharmaceutiques de développer des molécules adaptées au réel contexte clinique des patients cibles. »

D’autre part, la start-up explore également le domaine de la thérapie cellulaire en développant un candidat médicament basé sur les propriétés bénéfiques du tissu adipeux pour réguler le métabolisme et ainsi prévenir ou traiter des formes graves d’obésité et maladies métaboliques chroniques associées, qui sont peu ou mal prises en charge actuellement. Grâce à une collaboration académique sur un programme de prématuration du CNRS et une bourse French Tech Émergence de BPI France, ExAdEx-Innov travaille sur la preuve de concept de son candidat thérapeutique. Ce programme est actuellement en phase préclinique.

Développer une plateforme de recherche unique pour des secteurs industriels divers

Lors de sa première année d’activité, la start-up a mis sur le marché son offre de plateforme de tests de recherche et a réussi à la décliner pour différents secteurs : dermo-cosmétique, nutraceutique, médecine esthétique et pharmaceutique. Elle a pu initier des collaborations avec des industriels, tels que le développeur d’actifs cosmétiques monégasque Exsymol, et d’autres entreprises en France et en Europe. En particulier, des entreprises pharmaceutiques voient la plus-value de ses modèles tissulaires issus de donneurs par rapport aux modèles existants et commencent à travailler avec la start-up afin de tester des molécules à actions pharmacologiques.

En parallèle, la start-up souhaite élargir ses possibilités de collaboration et renforcer sa plateforme de recherche et d’études sur le tissu adipeux humain.  Dans ce cadre, elle a signé une licence d’exploitation avec CNRS Innovation pour intégrer un modèle cellulaire de cellules souches, complémentaire aux modèles tissulaires qu’elle exploite déjà, et valorisant davantage son lien avec la recherche académique.

« Il s’agit de cellules souches dérivées du tissu adipeux qui ont été isolées et caractérisées pendant de nombreuses années par notre co-fondateur Christian Dani, directeur de recherche Inserm à l’Institut de Biologie Valrose. Nos modèles tissulaires de graisse humaine intègrent toute la complexité du tissu humain et sont parfaitement adaptés à des études de mécanismes d’action multifactoriels. Toutefois, pour des phases en amont de screening de molécules ou d’actifs cosmétiques ou nutraceutiques, des modèles plus simples mais toujours pertinents s’avèrent souvent un meilleur choix, compte tenu de leur coûts maitrisé et de leur facilité d’utilisation ».

Des phases de recherche et développement sont toujours menées par la start-up pour investiguer les spécificités des tissus adipeux issus de patients atteints d’obésité et développer des modèles au plus près du contexte clinique, en partenariat avec des laboratoires académiques. Luigi Formicola souligne également que la flexibilité de leur technologie attire également l’attention de divers secteurs qui n’étaient pas visés à l’origine, comme l’industrie agrochimique ou encore les entreprises de dispositifs médicaux.

En phase avec les développements qu’elle a entrepris et forte des premiers retours de l’utilisation de son offre sur le marché, la start-up vise à mettre en place dans les prochaines années un système de production, qualité et automatisation compatible avec un déploiement industriel à grande échelle. L’accent sera mis sur la structuration des processus pour répondre aux demandes variées de l’industrie. Une levée de fonds est en cours pour soutenir la croissance et permettre à la start­-up de s’installer dans le domaine de la recherche pharmaceutique.

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