Retour aux actualités

Luxoderm : une technologie innovante pour le traitement dermatologique

Publié le 17 juillet 2025|par Marc FOURNET

Les dispositifs médicaux dermatologiques actuels traitent un nombre limité de pathologies par machine, et peuvent causer des brûlures. Luxoderm, projet de start-up porté par des élèves de l’IOGS et accompagné par le CNRS au Laboratoire Charles Fabry, développe une machine basée sur des concentrateurs luminescents qui est à la fois versatile tout en améliorant les résultats et réduisant les effets indésirables.

Les machines utilisées par les dermatologues pour traiter des pathologies de la peau ne sont adaptées que pour émettre une ou deux longueurs d’ondes, ce qui limite la diversité de maladies traitables avec une seule machine. Elles sont souvent génériques, et peuvent occasionner des effets indésirables, souvent sous forme de brûlures. Pour que les dermatologues puissent avoir accès à de meilleurs équipements, le projet de start-up Luxoderm développe une machine qui sera à la fois adaptable aux patients et qui réduira les effets de brûlures.

Luxoderm est portée par trois étudiants de l’Institut d’Optique Graduate School (IOGS) : Anthony Donabedian, Alexis de la Brestesche, et Louis Dorlencourt, avec le soutien de conseillers scientifiques, notamment Catherine Le Blanc, ingénieure de recherche CNRS au Laboratoire Charles Fabry (LCF1), et François Balembois, professeur à l’Institut d’Optique – Université Paris-Saclay au LCF, dont les travaux sur les concentrateurs luminescents sont à l’origine de la technologie développée.

Leur machine est capable d’émettre six longueurs d’ondes, permettant de meilleurs traitements avec une adaptation plus précise aux caractéristiques du patient : couleur de peau, taille, profondeur et type de lésion. Cette technologie fonctionne via des concentrateurs luminescents, des parallélépipèdes contenant des luminophores, c’est-à-dire des composés qui absorbent la lumière et en émettent à une autre longueur d’onde.

La lumière produite par ces luminophores est ensuite confinée et guidée par des miroirs jusqu’à la fibre optique de sortie qui est appliquée sur la peau des patients. Il ne s’agit pas d’un laser mais bien d’un faisceau lumineux, dont l’intensité est suffisante pour avoir un effet dermatologique. Le faisceau ainsi créé diverge dans l’espace, ce qui le rend non dangereux pour les yeux, à l’inverse des lasers.

En plus d’être davantage versatile que les machines actuelles, celle développée par Luxoderm cause beaucoup moins d’effets secondaires. Le spectre plus sélectif des concentrateurs permet d’utiliser toute la lumière émise pour le traitement, sans échauffement inutile créé par d’autres couleurs comme avec les appareils conventionnels utilisant la lumière pulsée. Les risques de brûlure aux patients sont ainsi très limités.

Actuellement soutenue par le CNRS via le programme RISE (piloté par CNRS Innovation), Luxoderm continue d’améliorer sa technologie. Les fondateurs et le comité scientifique étudient la possibilité d’utiliser des LEDs pour générer les faisceaux lumineux à envoyer sur les concentrateurs luminescents afin de réduire encore la consommation énergétique. Centrée sur les applications en dermatologie et en esthétique, le projet de start-up envisage également d’étendre ses applications aux soins supports en oncologie.

1 LCF (CNRS / Institut d’Optique Graduate School / Université Paris-Saclay), à Palaiseau

Concentrateurs luminescents en PMMA utilisés par Luxorderm @Catherine Le Blanc, CNRS, Luxoderm

La lettre innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événements... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Nos autres actualités

Voir toutes les actus

23 avril 2026

Santé Medtech

METHYS Dx : le transfert de trois familles de brevets pour le suivi de cancers.

Grâce au transfert de trois familles de brevets en gestion chez CNRS Innovation, la start-up METHYS Dx amorce en 2026 une nouvelle phase de son développement, pour proposer à terme une gamme de produits pour le suivi de cancers à un stade précoce.
Lire la suite

02 avril 2026

Brevets Biotech Numérique Transfert

Cryptographie – utiliser l’ADN pour crypter des messages sensibles.

Une nouvelle méthode de cryptage des messages utilisant l’ADN comme vecteur a été testée à l’occasion du déplacement du Président de la République française au Japon mercredi 1er avril 2026. Ce procédé, développé par une équipe de scientifiques franco-japonais pilotée par le CNRS, a fait l’objet d’un dépôt de brevet géré par CNRS Innovation.
Lire la suite

25 mars 2026

Santé Levée de fonds Medtech

Après sa levée de fonds historique, Abivax promet de changer la donne dans l’inflammation chronique de l’intestin

Après une levée de fonds record de 750 millions de dollars cet été, la biotech tricolore Abivax espère commercialiser son candidat-médicament obefazimod d’ici fin 2027. Une molécule issue d’un laboratoire CNRS qui promet de révolutionner le traitement de la rectocolite hémorragique.
Lire la suite
Fermer

Contactez-nous

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
Fermer

Les brevets les plus récents